Armour of Angels, GUILT TRIP

Armour of Angels, GUILT TRIP

5 juin 2026 0 Par Chacha

 

Depuis plusieurs années, Guilt Trip s’impose comme l’un des porte-étendards les plus solides de cette scène hardcore moderne qui refuse de choisir entre violence frontale et efficacité métallique. Avec Armour of Angels, les Britanniques franchissent encore un cap en proposant un album dense, agressif et particulièrement maîtrisé, capable de séduire aussi bien les puristes du hardcore que les amateurs de metalcore musclé.

 

Dès les premières secondes de One By One, le groupe affiche clairement ses intentions : riffs massifs, groove écrasant et sens du breakdown qui ferait passer un rouleau compresseur pour un véhicule de tourisme. Mais ce qui frappe rapidement, c’est la qualité de l’écriture. Là où beaucoup de formations du genre se contentent d’enchaîner les passages lourds, Guilt Trip soigne ses compositions et injecte suffisamment de variations pour maintenir la tension sur toute la durée du disque.

La production joue d’ailleurs un rôle essentiel dans cette réussite. Chaque instrument trouve sa place dans un mur sonore particulièrement dense sans jamais sombrer dans la bouillie sonore. Les guitares alternent entre riffs tranchants et séquences plus pesantes, tandis que la section rythmique martèle l’ensemble avec une précision quasi militaire. Une armure d’anges, certes, mais forgée dans un atelier où les marteaux servent davantage à fracasser des crânes qu’à fabriquer des auréoles.

Parmi les morceaux qui marquent durablement, Blood Atonement et Cut From God concentrent tout ce que Guilt Trip fait de mieux : une agressivité permanente soutenue par des riffs mémorables et une énergie contagieuse. Angel Eyes apporte quant à lui une dimension plus sombre et presque mélancolique dans certaines de ses textures, sans jamais abandonner la brutalité qui caractérise l’album.

Les textes s’inscrivent dans une réflexion permanente autour de la foi, de la culpabilité, de la souffrance et de la rédemption. Loin du simple exercice de style, les paroles dégagent une sincérité qui renforce l’impact émotionnel de l’ensemble. Cette dualité entre violence physique et tourments intérieurs traverse tout le disque et lui donne une profondeur bienvenue.

L’apparition de Sonny Sandoval sur Resurrected constitue évidemment l’un des temps forts de l’album. Le chanteur de P.O.D. apporte une dimension supplémentaire à un titre déjà particulièrement fédérateur. Sans tomber dans le piège du featuring gadget, cette collaboration s’intègre naturellement à l’identité du morceau et lui confère une véritable ampleur.

Même l’étrange respiration offerte par Intermission trouve sa place dans l’économie générale du disque, permettant de reprendre son souffle avant que la seconde moitié de l’album ne reparte de plus belle. Car Burn, Suffer Me ou encore The Banner Of Heaven rappellent que Guilt Trip maîtrise parfaitement l’art de construire une montée en puissance jusqu’à un final particulièrement convaincant.

 

Avec Armour of Angels, Guilt Trip signe probablement son album le plus abouti à ce jour. Plus mature dans son écriture, plus varié dans ses ambiances et toujours aussi destructeur lorsqu’il décide d’appuyer sur l’accélérateur, le groupe livre un disque qui conjugue puissance, technique et émotion avec une efficacité redoutable. Une véritable claque pour les amateurs de hardcore métallique moderne, et une excellente raison de vérifier si vos cervicales sont encore couvertes par la garantie constructeur.