DIVID, BEYOND THE STYX
8 mai 2026 0 Par Chacha
Il y a des albums qui cherchent à te prendre par la main. BEYOND THE STYX, lui, préfère t’attraper par le col, te secouer comme un vieux t-shirt de tournée oublié dans un pit et te balancer dans le mur le plus proche. Avec ce nouvel opus, DIVID ne fait pas dans la dentelle : le groupe livre un concentré de hardcore métallique moderne, rageur et ultra nerveux, capable de cogner très fort tout en gardant un vrai sens du relief.
Dès les premières minutes, l’album impose cette sensation d’urgence permanente. Ça blast, ça groove, ça hurle, mais surtout ça respire la sincérité. Là où beaucoup de formations du genre empilent les breakdowns comme des parpaings dans un chantier illégal, DIVID construit quelque chose de plus vivant. Les riffs sont massifs sans tomber dans la caricature djent aseptisée, la batterie pilonne avec une précision chirurgicale et le chant alterne rage hardcore et agressivité plus métallique avec une fluidité naturelle.
Le groupe sait surtout jouer avec les ambiances sans casser son élan. “Never Ending War” balance une violence froide et mécanique qui colle parfaitement à son propos, tandis que “Chaosystem” transpire cette tension urbaine étouffante, portée par des patterns rythmiques vicieux et un groove qui donne envie de casser quelque chose… ou quelqu’un, selon l’humeur du jour.
Mais l’album prend vraiment une autre dimension quand DIVID ose sortir légèrement du cadre. “Flowerviolence”, porté par la participation de Delphine de Sisterhood Issue, apporte une intensité émotionnelle particulièrement réussie. Derrière la brutalité, le morceau laisse filtrer une vraie noirceur mélodique, presque suffocante. À l’inverse, “Kiss of the Cobra” joue davantage sur le côté rampant et malsain, avec une montée en pression très bien maîtrisée avant de lâcher un final capable de déclencher un circle pit chez des retraités en maison de repos.
Musicalement, BEYOND THE STYX impressionne par sa maîtrise technique sans jamais sombrer dans la démonstration stérile. Chaque cassure, chaque accélération, chaque break semble pensé pour servir l’impact global plutôt que flatter l’ego des musiciens. Et c’est probablement là que réside la force du disque : malgré son énorme niveau d’exécution, il garde constamment ce côté instinctif et viscéral.
Les textes, eux, plongent dans des thématiques de chaos intérieur, de violence sociale, d’aliénation et de survie mentale. Rien de révolutionnaire sur le papier, certes, mais DIVID évite les clichés pseudo-philosophiques qu’on retrouve parfois dans le metalcore moderne. Ici, ça sonne vécu, brut et crédible.
Mention spéciale également au son de l’album : massif sans devenir boueux, moderne sans perdre son agressivité organique. Chaque instrument trouve sa place dans ce mur sonore particulièrement dense, et le mix met parfaitement en valeur les nombreux changements de dynamique.
Avec BEYOND THE STYX, DIVID livre un album intense, intelligent et frontal, qui réussit l’équilibre compliqué entre brutalité pure et vraie identité musicale. Un disque qui ne révolutionne peut-être pas le genre, mais qui rappelle surtout qu’avec de bonnes idées, du cœur et une énorme envie d’en découdre, le hardcore moderne peut encore frapper très fort.
Et honnêtement, vu la violence contenue dans ces dix morceaux, il y a de fortes chances que ton voisin pense que tu démontes ton appartement à coups de masse. Ce qui est généralement bon signe.


