Nowhere, At Last, BROADSIDE
10 avril 2026 0 Par Chacha
Il y a des albums qui donnent envie de sauter partout, et d’autres qui donnent envie de réfléchir à sa vie à 2h du matin en fixant le plafond. Avec Nowhere, At Last, Broadside réussit l’exploit de faire les deux en même temps. Le groupe américain continue d’élargir son terrain de jeu : moins pop-punk adolescent, plus rock alternatif moderne, avec une écriture plus fine et un vrai sens du groove. Résultat : un disque nerveux, mélodique et parfois étonnamment introspectif.
Dès “Cherry Red Ego Death”, le ton est donné : guitares nerveuses, rythmique tendue et un refrain qui s’accroche immédiatement à l’oreille. Broadside maîtrise parfaitement l’art du hook immédiat, celui qui donne envie de relancer le morceau avant même qu’il soit terminé. Dans la même veine, “Warning Signs” frappe par son énergie directe et sa capacité à transformer une tension émotionnelle en véritable carburant musical.
Le morceau titre “Nowhere At Last” marque quant à lui un moment clé du disque. Plus nuancé, presque introspectif dans sa construction, il met en avant une écriture plus mature, où les guitares respirent davantage et la voix d’Oliver Baxxter prend toute sa place. Une pause relative dans l’intensité, mais qui renforce justement l’impact du reste de l’album.
Parmi les titres qui marquent le plus, “Control Freak” se distingue par sa rythmique particulièrement efficace et un groove presque insolent pour un groupe issu de la scène pop-punk. Le morceau avance avec une assurance contagieuse, comme s’il savait très bien qu’il allait finir coincé dans votre tête.
Autre moment fort : “Mushroom Cloud”, probablement l’un des titres les plus chargés émotionnellement du disque. L’atmosphère y est plus sombre, la tension plus palpable, et les arrangements prennent un relief particulier. Broadside montre ici qu’il peut jouer sur des registres plus lourds sans perdre son sens mélodique.
Dans un registre plus aérien, “Blissed Out” apporte une respiration bienvenue avec une approche presque indie rock. Les guitares y sont plus lumineuses, la dynamique plus flottante, et le morceau donne l’impression d’une parenthèse dans l’intensité générale du disque.
Mais l’un des moments les plus marquants reste “Dark Passenger”. Le titre joue sur une montée progressive, avec une tension qui s’installe lentement avant d’exploser dans un refrain particulièrement habité. C’est typiquement le genre de morceau où l’on sent que Broadside a gagné en maturité dans son écriture.
Et puis il y a “What Are You Leaving Behind?”, qui agit presque comme une réflexion finale. Le morceau dégage une certaine mélancolie tout en restant porté par une instrumentation dynamique, comme si l’album refusait de sombrer complètement dans la gravité.
Tout au long du disque, Broadside démontre une vraie compréhension de l’équilibre entre efficacité et émotion. Les riffs sont précis, les refrains redoutablement efficaces, et les arrangements savent quand appuyer sur l’accélérateur ou au contraire lever le pied.
Avec Nowhere, At Last, Broadside livre un album solide et accrocheur qui confirme son évolution vers un rock alternatif plus large et plus mature. Sans renier son énergie d’origine, le groupe enrichit son écriture et propose plusieurs morceaux particulièrement mémorables.
Un disque qui prouve qu’on peut écrire des chansons introspectives… tout en donnant très envie de chanter le refrain à pleins poumons. Et ça, pour un webzine rock, c’est quand même un très bon signe.


