Good God / Baad Man, CORROSION OF CONFORMITY

Good God / Baad Man, CORROSION OF CONFORMITY

3 avril 2026 0 Par Chacha

 

Quarante ans de carrière, des riffs qui sentent la poussière du désert et un groove reconnaissable entre mille : Corrosion of Conformity fait partie de ces groupes qui n’ont plus rien à prouver. Pourtant, les vétérans américains continuent d’avancer. Avec Good God / Baad Man, leur onzième album studio, ils proposent un disque à double visage.
D’un côté “Good God”, nerveux, tranchant, presque agressif. De l’autre “Baad Man”, plus lourd, plus groove, profondément ancré dans ce heavy rock sudiste qui coule dans leurs veines depuis les années 90. Une formule simple, mais taillée pour rappeler que chez C.O.C., le riff est toujours roi.

 

L’album démarre avec “Good God? / Final Dawn”, une ouverture sombre qui plante immédiatement le décor. Les guitares de Pepper Keenan et Woody Weatherman s’empilent dans un mur de distortion épais et menaçant. Pas de fioritures : le groupe annonce la couleur dès les premières minutes.

“You Or Me” embraye avec un groove typique de la maison. La section rythmique est solide comme un bloc de béton, tandis que le chant râpeux de Keenan donne au morceau un parfum de duel intérieur. Musicalement, on navigue entre heavy rock et sludge, avec ce sens du riff accrocheur que C.O.C. maîtrise depuis longtemps.

Mais le vrai déclencheur arrive avec “Gimme Some Moore”. Riff immédiat, refrain efficace, solo qui tranche net : le genre de morceau qui donne instantanément envie de monter le volume. C’est simple, direct, et terriblement efficace.

La première moitié du disque continue de cogner avec “The Handler” et “Bedouin’s Hand”, morceaux plus lourds, presque poisseux. Ici, le groupe ralentit légèrement le tempo pour laisser respirer les riffs, qui deviennent plus massifs et plus menaçants.

“Run For Your Life” conclut cette première partie avec un titre nerveux et dynamique, taillé pour la scène. Batterie martiale, guitares galopantes : on imagine déjà le public secouer la tête en rythme.

Puis vient la bascule vers “Baad Man”. Le morceau-titre ralentit immédiatement l’allure et installe un groove épais, presque stoner. L’ambiance devient plus moite, plus lourde, comme si l’album s’enfonçait dans un marécage de riffs saturés.

“Lose Yourself” joue sur une répétition hypnotique qui rappelle les racines doom du groupe. Les guitares tournent autour du même motif, tandis que la rythmique martèle lentement mais sûrement.

Avec “Mandra Sonos”, Corrosion of Conformity se permet un moment plus atmosphérique. Le morceau respire, les guitares serpentent et la tension monte progressivement.

Le point le plus lourd du disque arrive probablement avec “Asleep On The Killing Floor”. Riff pachydermique, ambiance sombre, chant habité : tout respire le doom sudiste.

La fin du disque déroule “Handcuff County”, “Swallowing The Anchor” et “Brickman”, trio de morceaux où le groupe laisse parler son amour du heavy rock sale et bluesy. Rien de révolutionnaire, mais un groove qui fonctionne toujours.

Enfin, “Forever Amplified” clôt l’album avec un morceau presque manifeste. Un titre qui sonne comme une déclaration d’amour au rock lourd, aux amplis poussés à fond et aux riffs qui vibrent dans la poitrine.

 

Avec Good God / Baad Man, Corrosion of Conformity ne cherche pas à réinventer la roue. Le groupe préfère faire ce qu’il sait faire de mieux : écrire des riffs lourds, groovy et terriblement efficaces.

Le concept des deux faces fonctionne bien et permet d’explorer deux ambiances complémentaires : la rage métallique de Good God et le groove poisseux de Baad Man.

Au final, ce onzième album ressemble exactement à ce qu’on attend du groupe :
un disque solide, rugueux, parfois poussiéreux… mais toujours animé par cette même passion pour le riff lourd et le rock qui cogne.

Et tant que Corrosion of Conformity continuera à faire vibrer les amplis de cette manière, on signera sans hésiter pour la prochaine tournée.