Interview avec Kevin Codfert, claviériste et compositeur du groupe Myrath
14 mars 2026 0 Par SebRencontre avec Kevin Codfert, aux claviers du groupe Myrath depuis 2006, pour la sortie de leur fabuleux nouvel album, Wilderness of Mirrors, prévu pour le 27 mars 2026.
Seb : bonjour Kevin, merci beaucoup pour cette interview !
Kevin Codfert : eh bien écoute, c’est normal, c’est hyper important de pouvoir communiquer aussi en rapport à notre travail ! Et le travail de journaliste est aussi très passionnant.
Seb : les trois premiers titres de votre futur album sont déjà sortis. Et déjà, avec ces premiers morceaux, on note une évolution par rapport à l’album précédent Karma, une sonorité plus mélodieuse. Est-ce que tu peux nous parler de cette évolution ?
Kevin : l’intention a toujours été la même album après album chez Myrath. Et cette intention, elle est relativement simple, c’est d’essayer d’être de meilleurs musiciens.
Quand je dis meilleurs musiciens, je veux dire meilleurs compositeurs, meilleurs techniciens et connaître aussi les musiques qui nous entourent.
Et le travail est vaste, il est presque infini.
Il y a des musiques qui sont fantastiques, qui viennent d’Inde, d’Afrique, qui semblent parfois compliquées à comprendre et qui m’intéressent, en tant que compositeur.
Et avec Zaher (ndlr : Zaher Zorgati, chanteur du groupe), avec qui j’ai réalisé une grande partie des compositions de ce dernier album, on a voulu explorer la richesse de certaines musiques venant d’Afrique.
On a essayé de comprendre d’abord et puis de s’approprier ces influences pour essayer de livrer quelque chose de différent, comme on essaye de le faire à chaque fois.
Et effectivement, les trois chansons qu’on a sorties annoncent la couleur.
Il y a, bien sûr, sur le reste de l’album, des choses qui sont plus propres à ce qu’on a pu avoir l’habitude de faire avec Myrath.
Mais en tout cas, avec The Funeral et Bleeding Near the Horror notamment, on a voulu voir comment on était capables de mélanger deux styles de musique qui pouvaient paraître incompatibles, c’est-à-dire des musiques très majeures et africaines avec du metal.
Et on a voulu présenter l’album avec ces morceaux, ce qui peut représenter un risque parce que certaines personnes peuvent se dire : « Ah, j’ai du mal, je perds un peu mes repères. », là où d’autres personnes, au contraire, vont dire : « Ah, c’est génial, les mecs essayent d’innover. ».
En tout cas, on a voulu montrer une intention d’innovation, avec quelque chose qui nous ressemble à 1 000 %.
Seb : c’est toujours compliqué de faire face à ce choix, d’explorer des nouvelles pistes, ou bien est-ce qu’on reste fidèle à soi-même? Trouver un entre deux, c’est vrai que pour l’auditeur, ce n’est pas forcément toujours évident, comme tu le soulignes.
Kevin : ce n’est pas toujours évident, mais pour rester fidèle à toi-même, il faut rester en phase avec tes expectatives en tant que musicien. Et nous, nos expectatives, c’est d’explorer, de comprendre et de créer de nouvelles émotions, en restant dans l’intention initiale de Myrath. Et ça a toujours été le cas au sein du groupe.
Seb : le nom de ce dernier album, Wilderness of Mirrors, le désert des miroirs, qu’est-ce que vous recherchiez à évoquer à travers ce titre ?
Kevin : bonne question !
J’étais en train d’écrire les paroles de la chanson Les Enfants du Soleil, qui commence d’ailleurs en français, et j’étais à la recherche active d’un nom.
Et avec Zaher, on n’arrivait pas en studio à trouver le nom qu’il fallait.
Puis, en parallèle du studio, je lisais un article sur un agent double de la CIA, qui a fait un voyage en Russie pour essayer de comprendre la complexité géopolitique et qui, quand il est rentré, a dit, je ne sais plus si c’est à un collègue ou à son chef de département, que ce qu’il avait vu, c’était « smoke and mirrors », un complet écran de fumée. Et juste après, il a sorti cette fameuse phrase, « Wilderness of Mirrors ».
C’est donc une phrase qu’on a empruntée. Et d’ailleurs, j’ai appris il y a trois semaines qu’un très célèbre groupe qui s’appelle Fish avait également nommé son album de la même manière (ndlr : Vigil in a Wilderness of Mirrors, album de Fish sorti en 1990).
L’idée derrière cette expression, c’est de refléter le monde dans lequel on vit à l’heure actuelle, avec les problématiques autour, des réseaux sociaux, les fake news, malheureusement aussi les guerres qui nous entourent. Et on en parle dans nos textes.
Je pense que c’est une expression qui reflète totalement le monde dans lequel on vit à l’heure actuelle.
Seb : Myrath est très connu pour cette alliance entre musiques « orientale », folklorique. Pour autant, au sein des musiques folkloriques notamment tunisiennes, on a souvent des sonorités qui vont être très différentes de ce qu’on a l’habitude d’entendre en occident. Par exemple, il existe des demi-bémols ou quarts de tons. Est-ce que ça demande des arrangements particuliers pour pouvoir l’intégrer à du metal qui est un style très occidental ?
Kevin : Je ne dirais pas que le style de Myrath est un style oriental. Je dirais plutôt que ça a été un style très tunisien. Sachant que la musique tunisienne a des similitudes avec les musiques orientales, mais aussi occidentales. C’est un petit peu un cas particulier, la musique tunisienne.
Et on peut bien en faire la distinction quand on a pu creuser ce sujet.
Finalement ce qui a été le plus facile pour nous, avec les influences tunisiennes des trois membres qui sont tunisiens, c’est d’intégrer leur folklore.
Et on l’a fait dès le début avec un album comme Desert Call.
Et en fait, on s’est rendu compte que chez certains auditeurs, notamment aux États-Unis, ça m’avait marqué donc c’est pour ça que j’en parle aujourd’hui, un auditeur m’avait dit : « c’est intéressant, les gars, ce que vous faites, mais, euh, y’a des notes qui sont fausses. »
Et en fait, je me suis rendu compte que le problème qu’il y avait avec notamment l’inclusion de trop de quarts de tons, c’était que certaines personnes, en tout cas leur oreille, n’avaient pas été construites pour comprendre l’intention derrière le quart de ton.
À l’issue de ça, on a dû quand même adapter, en essayant de rentrer à nouveau dans des harmonies, on va dire, chromatiques, pour éviter justement la confusion.
Mais pour en revenir à ta question de la difficulté de mélanger musique metal et racines tunisiennes, elle est inexistante pour nous parce que quand tu es né avec un folklore autour de toi, ça modifie très certainement une partie de ton cerveau qui va ensuite résonner d’une manière quand il s’agit de composer.
Ce n’est donc pas un exploit. Là où est l’enjeu pour nous, c’est justement de sortir notre zone de confort et essayer de proposer une palette un peu plus diversifiée.
Seb : Wilderness of Mirrosr va sûrement parler de choses assez sombres, le monde actuel étant ce qu’il est. On ne va pas se mentir, avec les actualités depuis quelques temps, ce n’est pas forcément facile de se lever tous les matins.
Pour autant, Myrath reste toujours avec ses sonorités et ses chants très positifs. On a par exemple sur The Funeral, l’un des titres du prochain album, qui a des textes très sombres et pour autant, on est dans un chant et dans des sonorités positives.
C’est vraiment une volonté de rester dans cette positivité de la part du groupe ?
Kevin : c’est une volonté, mais c’est aussi notre ADN.
Je veux dire que c’est quelque chose qu’on intellectualise même plus.
Beaucoup de gens me disent : mais pensez-vous vraiment qu’il y a encore une lumière au bout du tunnel ?
Oui, bien qu’on ait fait les frais de tout un tas de choses que beaucoup de groupes n’ont pas pu expérimenter de par notre composante géographique, on a été confrontés à la discrimination, on a été confrontés à des problèmes de visas, on a été confrontés à mille choses qui ont fait que le groupe aurait dû s’arrêter depuis bien longtemps.
Et c’est cette envie de continuer qui nous a donné cette sorte de force, cette résilience où chaque matin, on se dit, bon, malgré les problèmes, il y a peut-être quelque chose à faire, peut-être qu’on peut continuer.
Et ça, c’est la vie du groupe.
C’est la vie du groupe quand, 24 heures avant un concert au Chili, on nous interdit les visas parce que certains membres ont un passeport vert et que ça plaît pas.
C’est notre vie parce que quand il s’agit de payer modestement en début de carrière les cachets d’artistes, on se rend compte qu’en tant que Tunisien, tu n’as pas le droit d’avoir des euros, donc tu peux pas être payé, donc tu ne peux même pas avoir de carrière.
Ce sont toutes ces choses-là qui font que si on avait écouté simplement notre pragmatisme, on aurait arrêté depuis longtemps.
Et finalement, non, on a écouté notre côté résilient !
Seb : et vous avez bien fait l’avenir vous a donné raison.
Tu évoques des problèmes de racisme, c’est quelque chose que tu as rencontré durant vos tournées, en France, notamment ?
Kevin : on a pu le sentir dans certains pays. Je sais pas si c’est du racisme, mais je pense que c’est motivé par un besoin excessif de maintien des flux migratoires, et donc forcément de la sélection d’un peuple par rapport à un autre.
Donc est-ce que ça peut être défini comme du racisme ? Peut-être.
On a la chance aujourd’hui, si tu veux, de par la la longévité du groupe, du fait que nous sommes chaque année un peu plus établis dans l’écosystème, les choses roulent pour nous de mieux en mieux.
Mais au départ, ça a été compliqué. Je me rappelle le bassiste qui avait été malmené par un videur dans un club en Allemagne qui lui avait dit : « Moi, je veux pas de Tunisiens ici. »
Voilà, on a quelques anecdotes, ou alors certains publics qui nous avaient sifflé quand on avait dit qu’on venait de Tunis.
Par contre ce sont des choses qu’on n’a pas vues depuis quelques années, et j’en suis très heureux ! Mais, les choses n’ont pas toujours été de cette manière-là.
Seb : pour revenir à votre nouvel album, qui sort le 27 mars, vous avez trois singles déjà sortis pour l’instant. Est-ce que vous avez prévu de sortir d’autres titres d’ici la sortie de l’album ?
Kevin : d’ici la sortie de l’album, non.
On va laisser le temps aux gens qui veulent découvrir le groupe, ou aux fans historiques, d’ingérer l’album.
Et on prévoira certainement après la tournée, un clip sur un morceau qui nous aura porté, qui aura bien vieilli sur scène. On va jouer beaucoup de morceaux du nouvel album sur scène parce qu’on tient à le présenter au public.
On a cette volonté de présenter ces nouveaux morceaux parce qu’on y croit beaucoup.
Et il en découlera certainement un clip ou deux post-tournée.
Seb : d’ailleurs, justement, qui dit nouvel album dit nouvelle tournée !
Vous avez une tournée qui commence au mois d’avril, si je ne dis pas de bêtises.
Kevin : tout à fait !
Seb : et qui va s’étendre jusqu’à cet automne.
Kevin : et plus ! (rires)
Mais on, on communiquera au moment opportun les nouvelles dates.
C’est un travail ! Quand on regarde le routing, euh, on voit clairement notre volonté d’aller chercher la moindre personne curieuse ou le moindre fan dans les terres.
Et on adore faire ça puisque la proximité avec le public, c’est ce qui nous anime.
À titre personnel, j’adore les petites salles !
Je ne sais pas si c’est le cas de tous les membres du groupe, mais si je pouvais jouer demain dans un bar devant sept personnes, je serais vraiment ravi parce que c’est là que la magie se crée, et la communication se crée entre les artistes et le public.
Donc on a cette volonté-là.
Beaucoup de dates, puisqu’en tout, on en aura peut-être 80 en 2026.
C’est une volonté d’aller toucher tous les gens, tous les curieux et toutes les personnes qui veulent écouter notre musique.
Seb : vous aviez fait le Hellfest en 2017 et 2023, et là, pour le coup, c’est effectivement loin des plus petites scènes où l’on peut aussi vous voir.
Est-ce que tu en gardes des bons souvenirs ?
Kevin : les grandes scènes sont des émotions différentes.
Parce que, à la fois, il y a cette énorme émotion, où tu te dis : « Bon, finalement, on doit pas faire une musique trop mauvaise au vu du monde ! » et quand tu vois des personnes qui, dans l’attente, chantent tes chansons, tu te dis que quelque part t’as réussi quelque chose !
Il y a aussi un aspect un peu plus impersonnel où tu ne peux pas rencontrer les gens, tu ne peux pas, tu peux pas fixer une personne en particulier, tu fixes l’horizon.
Donc, il y a ce côté un peu plus impersonnel, qui, pour moi, me touche moins que de jouer dans une petite salle.
Mais c’est très nécessaire de jouer en festival aujourd’hui. C’est là où les gens, qui vont pouvoir voir tous leurs artistes préférés. Le Hellfest a une palette d’artistes qui est dingue.
Ce genre de festival est incontournable, de toute façon, pour les groupes.
Seb : justement, puisqu’on parle de festivals, tu disais qu’il y a encore des dates à venir. Est-ce qu’on peut espérer voir Myrath en festival, peut-être l’année prochaine ?
Kevin : pas en 2026 !
Pour être totalement transparent avec toi, on a refusé toutes les offres de festivals en 2026, pour nous concentrer sur la tournée du nouvel album.
Ce qui fait sens aussi puisque ce n’est pas évident à gérer : tu as un festival qui va être à à peine 200 kilomètres d’une ville dans laquelle tu vas jouer.
Donc, le festival va se dire : « Bon, ben, quelque part, le groupe a déjà joué avant. ».
Ou inversement, la salle ne va pas être contente, donc, pour faire bien les choses, il faut organiser ça en cycles.
On réserve vraiment 2027 pour les festivals et on réserve 2026 pour la tournée en tête d’affiche.
Je pense que c’est ce qui est le plus logique de faire.
Seb : Et puis ça va vous permettre une montée en puissance et une maîtrise de la setlist liée à votre nouvel album.
Kevin : ça le sera après 70, 80 dates, où là, tu connais tes morceaux, normalement. [rire]
Seb : [rire] oui, ça, je veux bien le croire !
Toi, Kevin, tu intègres officiellement le groupe pour le grand public en tant que claviériste depuis 2022, mais finalement, ton histoire avec Myrath, ça date de bien avant ça.
Tu as rencontré le groupe au Festival Méditerranéen de la Guitare à Tunis en 2006, si mes sources sont fiables.
Kevin : oui, tout à fait !
Beaucoup de gens me disent que, que j’ai intégré groupe en 2022 en tant que pianiste.
Alors que j’ai intégré le groupe en 2006 derrière les rideaux de la scène.
Et comme un bon introverti que je suis, je me suis toujours senti très à l’aise à m’occuper de la composition, de la production dans mon studio.
Et puis, les choses ont fait qu’il y a quelques années, le groupe m’a dit : « bon, ça fait quelques années qu’on entend ce que tu joues et ce que tu composes sur album. Ce serait très logique que tu intègres aussi le groupe sur scène, que les gens puissent te découvrir aussi sur scène. »
Et c’était une volonté partagée. Et donc, je suis monté sur scène il y a quelques années avec eux, mais finalement, mon travail n’a pas changé. C’est simplement que d’un point de vue exposition, les gens peuvent aujourd’hui peut-être me découvrir plus, mais mon travail opérationnel dans le groupe n’a jamais changé depuis 2006, ça a toujours été le même.
Seb : si tu devais, te souvenir de quelques dates de tournée mémorables pour toi, lesquelles seraient-elles ?
Kevin : deux dates en Amérique latine. Le Brésil et l’Argentine. Notamment parce qu’on a pu apprendre avec stupeur qu’il était possible pour des gens qui viennent te voir en concert de chanter de manière continue et contiguë pendant une heure trente. Et quand je dis de manière contiguë, c’est-à-dire que c’est un public qui va chanter les thèmes, les paroles, la batterie, la basse, la guitare.
Et en fait, c’est un concert où tu te retrouves en face, en tant que musicien, d’un concert du public, un concert d’audience.
Donc les rôles sont un peu inversés.
Et je ne savais même pas qu’il existait sur la Terre des publics qui étaient capables de chanter de cette manière. Même quand le chanteur ne chante pas, ils vont prendre le relais en chantant un thème de guitare ou un thème de piano, ou un rythme.
C’est complètement délirant parce que tu te dis voilà, les mecs sont vraiment mille pour cent à fond sur ce que tu fais toi, et en plus, ils connaissent parfaitement ta musique.
C’est assez surprenant et ce sont deux souvenirs vraiment inoubliables pour nous.
Seb : donc il y a vraiment une différence du public à travers les continents comme ça ?
Kevin : oui ! Oui, tout à fait.
J’ai deux autres concerts qui m’ont porté, les concerts qu’on a pu faire à Carthage, c’est-à-dire se dire ben voilà, je rentre au pays entre guillemets, en faisant une scène prestigieuse comme ça avec des gens à fond. C’est absolument fantastique.
Myrath a la chance de faire venir beaucoup de gens aujourd’hui en Tunisie, des concerts devant sept mille personnes, on n’en fait pas tous les jours et c’est à chaque fois des expériences complètement folles.
Et je pense aussi à notre passage pour la Coupe du monde de football au Qatar, où on a pu représenter la Tunisie. Et là, c’était complètement dingue puisque notre tour manager, c’était le tour manager des Rolling Stones et on était dans un tout autre univers. Avec des voiturettes de golf pour passer de la scène, au backstage et des infrastructures qui étaient d’un autre monde.
Seb : tu m’étonnes oui ! Du coup, tu aurais des anecdotes de concerts rigolotes, ou qui t’ont marqué à travers tes tournées ?
Kevin : ce n’est pas ce qui manque ! Je pense qu’une anecdote qui a pu marquer le groupe, c’est le jour où Anis (ndlr : Anis Jouini, bassiste du groupe) s’est coincé un os de poulet dans la gorge. [rires]
Et qu’il a dû jouer pendant une heure et demie avec un os de poulet dans la gorge, assis sur scène.
Il me me disait : « Kev’, annule le concert, annule le concert. »
Et moi qui lui disais : « tu vas jouer avec ton putain de bout de poulet dans la gorge pendant une heure et demie, tu vas la fermer, je t’amène à l’hôpital après. » ! [rires]
Ça a été chaud parce que je savais de mon côté bien sûr qu’il ne risquait pas grand-chose, mais la sensation que t’as quand tu as un truc coincé, c’est que tu as l’impression que tu vas mourir toutes les dix secondes, tu as une montée d’adrénaline où tu vas te dire : « ça y est, je vais mourir étouffé ! »
Ça a été l’enfer, mais bon, on en reparle aujourd’hui avec, avec beaucoup d’humour.
Et puis j’ai plein d’anecdotes où Zaher, qui est notre chanteur qui est un peu TDAH sur les bords, oublie souvent les heures où il faut monter sur scène.
Donc ce n’est pas rare les fois où le concert commence et il est encore dans les chiottes à faire ce qu’il a à faire, ou à prendre sa douche ou tout simplement oublier qu’il a un concert le soir.
[rires]
Seb : énorme j’adore ! Dernière question pour revenir aussi un petit peu sur, sur le dernier album Wilderness of Mirrors, qui sortira le 27 mars : on sait que Myrath était très inspiré par les groupes de l’époque tels Symphony X, Dream Theater, etc.
Si tu devais dire quels groupes t’influençaient avant comparé aux groupes qui peuvent t’inspirer aujourd’hui, est-ce que ce serait toujours les mêmes ou est-ce que ça a changé ?
Kevin : On a commencé en étant tous extrêmement fans de Symphony X quand on était plus jeunes.
Je me rappelle les avoir vus aux Pennes Mirabeau (ndlr : près de Marseille), je devais avoir quatorze ans, un truc comme ça.
J’étais fan de Dream Theater, Angra, Van Halen, de tout l’écosystème du label NTS à l’époque, qui était la maison de disques française qui faisait la distribution de tous ces groupes et qui m’ont permis d’en découvrir plein d’autres comme Stratovarius aussi.
Et puis, à un moment donné dans ta carrière de compositeur, une fois que tu as assimilé tes influences, tu as une volonté très forte de créer les tiennes.
Et, il est vrai, pour être totalement transparent avec toi, que depuis peut-être trois ou quatre albums, eh bien j’ai arrêté complètement d’écouter du metal.
J’écoute beaucoup de musique de films. J’adore John Williams et son approche de composition. J’adore les compositeurs comme Bartók, qui sont des compositeurs contemporains.
J’écoute énormément de Moussorgski, j’écoute énormément de Chopin, de Rachmaninov aussi, qui est un des compositeurs les plus romantiques que je puisse connaître. Romantique à sa manière, dans sa manière de composer.
J’écoute des vieilleries comme Emerson, Lake & Palmer, mais aujourd’hui j’écoute vraiment zéro metal en fait.
Seb : d’accord. Donc oui, tu as vraiment maintenant ton propre style d’écriture et de composition à toi, que tu t’es créé, et tu pars de ça pour tes futures titres.
Kevin : définitivement, oui !
Seb : merci beaucoup Kevin pour cette interview ! Je le rappelle, le nouvel album de Myrath, Wilderness of Mirrors, sortira le 27 mars 2026 via Verycords. Je te remercie beaucoup pour ce temps que tu nous a accordé !
Kevin : merci à toi Sébastien ! Et au plaisir de se croiser sur un concert si tu n’es pas trop loin et si tu veux venir !
Seb : avec grand plaisir !
Pour ma part, Myrath est un groupe dont l’ADN m’aura accompagné bien souvent dès que j’ai besoin de sourire, de danser et de faire du bien à mon moral ! Retrouvez de nouveau le groupe sur toutes vos plateformes habituelles pour leur nouvel album, Wilderness of Mirrors, et ne manquez pas leurs dates de tournées sur leur site officiel : https://myrath.com/tour/


