A.R.S.O.N, STORY OF THE YEAR

A.R.S.O.N, STORY OF THE YEAR

13 février 2026 0 Par Chacha

 

STORY OF THE YEAR rallume l’incendie

Il aura fallu attendre plus de cinq ans pour entendre à nouveau le rugissement de Story of the Year. Avec A.R.S.O.N. — acronyme aussi frontal que son sous-titre All Rage Still Only Numb — le quatuor de St. Louis signe un retour viscéral, nourri par l’usure du temps, la colère persistante et une lucidité parfois douloureuse. Loin d’un simple disque de comeback nostalgique, l’album se pose comme une décharge émotionnelle brute, entre rock alternatif musclé et réminiscences post-hardcore assumées.

 

Un album né de la tension et de la persistance

A.R.S.O.N. s’inscrit dans un contexte particulier : celui d’un groupe qui n’a jamais vraiment disparu, mais qui a longtemps avancé à contre-courant. Après Wolves (2017), STORY OF THE YEAR revient avec un disque façonné par l’expérience, les doutes et les fractures personnelles. La genèse de l’album est marquée par une volonté claire : retrouver l’urgence des débuts sans chercher à les copier.

On sent un groupe plus conscient de ses forces, mais aussi de ses failles. Les compositions sont directes, parfois abrasives, mais toujours guidées par une sincérité palpable. Ici, la rage n’est plus adolescente ; elle est contenue, canalisée, et parfois même résignée. D’où ce sentiment de tension permanente qui traverse l’album.

Entre colère sourde et quête de sens

Thématiquement, A.R.S.O.N. explore un terrain intime : la fatigue mentale, le désenchantement, la perte de repères et le combat contre soi-même. Dès Gasoline (All Rage Still Only Numb), morceau-manifeste, le groupe pose le décor : riffs incendiaires, refrain fédérateur et paroles qui évoquent une colère omniprésente mais devenue presque anesthésiante.

Disconnected et See Through prolongent cette introspection, abordant l’isolement émotionnel et la difficulté à faire confiance, le tout porté par une énergie rock moderne et accrocheuse. Fall Away et 3 am ralentissent le tempo, laissant respirer des atmosphères plus sombres, presque mélancoliques, où la voix de Dan Marsala gagne en fragilité.

Avec My Religion, STORY OF THE YEAR livre l’un des titres les plus forts du disque : un morceau à la fois explosif et fédérateur, questionnant la foi, les convictions personnelles et ce qui nous maintient debout lorsque tout vacille. Halos et Into The Dark plongent plus profondément encore dans les zones d’ombre, mêlant refrains entêtants et guitares tranchantes.

Le diptyque Good for Me / Feel So Bad illustre parfaitement la dualité de l’album : l’envie d’aller mieux, constamment parasitée par le poids des émotions négatives. Enfin, Better Than High et I Don’t Wanna Feel Like This Anymore ferment le disque sur une note cathartique, presque thérapeutique, où la rage laisse place à une forme de lâcher-prise.

 

Avec A.R.S.O.N., STORY OF THE YEAR ne cherche ni à révolutionner son style, ni à séduire artificiellement une nouvelle génération. Le groupe livre un album honnête, intense et profondément humain, qui parle à celles et ceux pour qui le rock est avant tout un exutoire. Entre puissance, vulnérabilité et refrains taillés pour la scène, A.R.S.O.N. s’impose comme l’un des disques les plus sincères et cohérents de leur discographie récente — la preuve que, même après des années, certaines flammes refusent de s’éteindre.