Interview avec Hopsydian
9 février 2026 0 Par ChachaAvec Devote, Hopsydian ne se contente pas de dévoiler un premier single : le groupe ouvre un portail. Signé chez Arising Empire, le projet s’impose d’emblée comme une expérience immersive où musique, images et spiritualité s’entrelacent pour former un tout indissociable. Entre clair-obscur, rituel et quête intérieure, Hopsydian façonne un univers dense, exigeant, qui invite à ralentir et à s’abandonner à l’instant.
À travers cette interview, le groupe revient sur la genèse de Devote, ses fondations artistiques, son rapport au mystère et les principes qui structurent ce monde en constante expansion.
Vous venez de sortir “Devote”, votre premier single et clip via Arising Empire.
Comment ce clip reflète-t-il l’essence du groupe ? Y a-t-il un symbolisme visuel caché que les fans pourraient ne pas remarquer au premier visionnage ?
“Devote” est né comme un morceau parlant du sacrifice au nom de la lumière. Les paroles traversent le péché, le désir, l’impulsion, le repentir et l’illumination — et le clip est une extension naturelle de ce concept.
L’obscurité est le moyen d’atteindre la lumière, dans un cadre spirituel où tout n’est qu’un concept avant d’être finalement atteint.
Sur le plan sonore, nous avons cherché à construire un paysage très évocateur. La même approche a été appliquée visuellement : images, atmosphères et rythmes sont pensés pour guider le spectateur à travers un voyage immersif et ritualiste.
L’idée était d’offrir une expérience complète et cohérente, où la musique, les mots et les images fusionnent pour créer quelque chose d’unique : un rituel à vivre à plusieurs niveaux, et à redécouvrir encore et encore au fil des écoutes ou des visionnages.
Lorsque vous sortez un morceau sans annoncer clairement la suite, est-ce une manière de laisser respirer la musique… ou de tester quelque chose ?
Nous aimons laisser place au mystère, à ce qui demeure dans l’espace entre la certitude et l’inconnu pour l’auditeur.
Dans un monde où tout est rapide, immédiat et éphémère, notre musique a besoin de temps : du temps pour respirer, pour être absorbée, pour être véritablement vécue sans la pression de penser immédiatement à ce qui vient après.
Nous préférons inviter les gens à habiter pleinement l’instant, à entrer dans le morceau et à se laisser porter par lui, plutôt que de le consommer rapidement en attendant le suivant.
Hopsydian est un monde immersif, rempli de détails que seuls ceux qui entreprennent un voyage authentique et profond peuvent saisir.
“Devote” ressemble davantage à un point d’ancrage qu’à un simple single. Le voyez-vous comme une fondation ou comme une transition ?
“Devote”, avec “Glare”, représente dans son essence certains des principes fondamentaux de notre credo.
C’est un paysage spirituel en constante expansion et découverte, que nous continuerons à développer et à faire évoluer à travers notre son, sans jamais perdre l’identité qui le définit.
Signer avec un label change-t-il la manière dont vous vous projetez artistiquement, même à un niveau subconscient ?
Nous sommes honorés de travailler avec Arising Empire. Une connexion spéciale s’est formée immédiatement, et fusionner notre énergie avec la leur est une immense opportunité pour rendre notre parcours encore plus significatif et creuser encore plus profondément l’essence que cela représente pour chacun de nous.
Si nous pouvions déjà briller auparavant, maintenant nous pourrons véritablement embraser.
À quel moment vous êtes-vous dit : “C’est là que Hopsydian commence vraiment à ressembler à ce que nous avions en tête au départ” ?
À l’été 2025, un processus interne très important a eu lieu. Après les premiers morceaux, cela nous a conduits à rester fidèles à ce que nous avons toujours voulu représenter, et à ce à quoi nous sentons que nous appartenons réellement.
“Glare” a été le point de bascule : une véritable introduction aux principes fondamentaux, aux piliers principaux sur lesquels repose notre nouveau nous.
Si “Devote” était une cérémonie, quelle serait l’offrande ?
Elle l’est déjà.
L’offrande consiste à abandonner sa conscience à quelque chose de plus grand, à démanteler l’ego et ses propres convictions afin d’accueillir une vérité plus vaste et un but supérieur.
Vos paroles semblent explorer des dualités (lumière/ombre, beauté/brutalité). Est-ce le reflet de vos propres contradictions intérieures ou un commentaire sur la condition humaine ?
C’est un reflet de la réalité. Il n’y a pas d’obscurité sans lumière.
La réalité n’est pas duale : c’est une unité cohérente, où ce qui est semblable et ce qui est dissemblable s’appartiennent et sont de même nature, ne différant que par le degré.
Toutes les vérités opposées ne sont que des demi-vérités, et chaque paradoxe peut être réconcilié.
Donc oui : cela reflète notre condition intérieure et, en même temps, la condition humaine, car ce qui est à l’intérieur est aussi à l’extérieur.
Peut-on s’attendre à des récits ou thèmes plus autobiographiques dans vos futures compositions ?
Chaque thème que nous explorons fait autant partie du monde extérieur que de nous-mêmes. L’un n’exclut pas l’autre, pour une oreille attentive.
Certaines paroles prennent-elles un sens différent lorsqu’elles sont jouées en live, face à un public ?
Nous aimons penser que chaque auditeur, avec sa propre expérience de vie, peut absorber notre message à travers sa propre clé d’interprétation.
Quiconque choisit de marcher avec nous comprendra ce que nos paroles sont censées représenter.
Vous avez déjà posé les bases de votre son avec quelques singles. Dans quel état d’esprit aimeriez-vous aborder un premier album ?
Un album est un voyage intérieur très important. Nous allons nous remettre en question et trouver chaque réponse en temps voulu.
Nous sommes presque certains que le premier album aura un concept, une histoire bien définie, et nous savons que la recherche et la découverte qui accompagnent chacun de nos singles en posent déjà les fondations.
Y a-t-il des éléments — sonores, conceptuels ou visuels — que vous aimeriez expérimenter ensuite ?
Il y a plusieurs éléments, sur les plans sonore, conceptuel et visuel, que nous observons et laissons mûrir.
Mais nous préférons ne pas trop en révéler : nous laissons certaines idées prendre forme dans le silence, car certaines expériences ne fonctionnent réellement que lorsqu’elles sont découvertes en chemin.
L’esthétique visuelle de “Devote” a un aspect presque cérémoniel. Quelles influences artistiques ont façonné le clip ?
L’esthétique de “Devote” est apparue de manière naturelle et instinctive durant le processus de construction de l’imagerie du morceau et de son environnement sonore.
Il n’y avait pas d’influence spécifique. Le récit de la chanson a évoqué l’imaginaire collectif du sacrifice rituel comme moyen d’atteindre une fin, et c’est de là qu’ont émergé tous les éléments caractéristiques du clip.
Y a-t-il un film, une série ou une œuvre d’art qui pourrait devenir la bande-son parfaite pour votre musique ?
Films : Dune, The Book of Eli
Séries : Arcane, Messiah
Œuvres d’art : les sculptures de Canova et de Bernini
Si vous pouviez former un supergroupe avec trois artistes de n’importe quel genre, qui choisiriez-vous, et pourquoi ?
Naoh Sebastian au chant, Harald Barret à la guitare, et “II” à la batterie.
Pour conclure : à quoi êtes-vous secrètement “dévoués” en dehors de la musique ?
Nous sommes dévoués à tout ce qui peut amplifier notre connaissance de la réalité et du monde invisible.
Nous ne connaissons qu’une petite partie de la réalité que nous expérimentons, et nous croyons que chaque forme d’art peut offrir des indices vers une compréhension plus vaste de la création.
Plus qu’un simple projet musical, Hopsydian se révèle comme un cheminement : une exploration de la lumière à travers l’ombre, de l’unité au-delà des oppositions, et de l’art comme vecteur de connaissance. Devote et Glare en posent les premiers jalons, esquissant les contours d’un credo appelé à évoluer sans jamais se renier.
En laissant volontairement planer le silence et le mystère sur la suite, le groupe affirme une vision rare et assumée : celle d’une musique qui se vit pleinement, qui se découvre dans la durée et qui exige une écoute attentive. Une invitation à l’abandon, à la contemplation, et à un voyage intérieur dont Hopsydian ne fait que dévoiler les premiers rites.


