Setting Fire To The Sky, URNE

Setting Fire To The Sky, URNE

30 janvier 2026 0 Par Chacha

 

Quand la colère devient catharsis

Avec Setting Fire To The Sky, URNE poursuit son ascension au sein de la scène heavy britannique en livrant un disque à la fois massif, introspectif et résolument habité. Le trio confirme ici une identité sonore forgée dans le metal moderne, mais nourrie d’influences sludge, post-metal et heavy rock, donnant naissance à un album dense, exigeant et profondément émotionnel. Loin de chercher l’efficacité immédiate, URNE privilégie la montée en tension, l’impact à long terme et une écriture qui laisse respirer la fureur autant que la fragilité.

 

Forger le feu : une genèse marquée par l’intensité

Pensé comme une œuvre cohérente plutôt qu’une simple succession de titres, Setting Fire To The Sky s’inscrit dans une démarche presque conceptuelle. URNE y explore les conflits intérieurs, la perte de repères, mais aussi la nécessité de se reconstruire après l’effondrement. La genèse de l’album semble animée par un besoin d’extériorisation : riffs lourds, tempos écrasants et atmosphères oppressantes traduisent un sentiment d’urgence permanente.

Musicalement, le groupe affine sa formule : les guitares alternent entre saturation abrasive et envolées plus aériennes, la section rythmique se montre implacable, tandis que le chant oscille entre rugissements viscéraux et passages plus mélodiques, presque vulnérables. URNE ne cherche pas la démonstration technique, mais l’impact émotionnel brut.

Des hymnes lourds de sens et de riffs

Dès “Be Not Dismayed”, le ton est donné : une ouverture martiale, tendue, qui pose les bases thématiques de l’album – résilience et refus de céder face à l’adversité. “Weeping To The World” approfondit cette dimension introspective, avec une construction progressive où la lourdeur sert un propos empreint de désillusion collective.

Le morceau-titre, “Setting Fire To The Sky”, s’impose comme l’un des sommets du disque. Véritable déflagration sonore, il mêle rage cathartique et ambition épique, symbolisant la volonté de brûler les anciennes certitudes pour faire émerger quelque chose de nouveau. À l’opposé, “Breathe” joue sur des dynamiques plus contenues, laissant transparaître une fragilité rare, presque méditative, avant de replonger dans la tourmente.

Des titres comme “The Ancient Horizon” ou “Towards The Harmony Hall” renforcent l’aspect quasi spirituel de l’album, évoquant la quête de sens et la confrontation à des forces qui dépassent l’individu. Enfin, “Nocturnal Forms”, en bonus, prolonge cette immersion sombre et hypnotique, comme une dernière plongée dans les recoins les plus obscurs du disque.

 

Une œuvre incendiaire et maîtrisée

Avec Setting Fire To The Sky, URNE signe un album exigeant mais profondément sincère, qui s’adresse autant aux amateurs de lourdeur abrasive qu’aux auditeurs en quête de profondeur émotionnelle. Sans révolutionner le genre, le groupe parvient à affirmer une voix singulière, portée par une écriture cohérente et une intensité constante. Un disque qui ne cherche pas à plaire à tout prix, mais qui marque durablement ceux qui acceptent de s’y confronter — quitte à en ressortir un peu brûlés.