Krushers of the World, KREATOR
22 janvier 2026 0 Par Seb
Écraser le monde, encore et toujours ? Oui, et avec style !
Il faut bien l’admettre : après plus de quarante ans d’une carrière aussi titanesque qu’infatigable, rares sont les groupes capables de livrer un nouvel album qui fait vibrer l’âme des thrasheux avec autant de conviction. Pourtant, Kreator l’a fait. Avec Krushers of the World, les vétérans allemands ne se contentent pas de poser un disque de plus sur l’étagère de leur légende : ils balancent une véritable rafale de riffs, un uppercut mélodique après un direct rageur, et rappellent à tous pourquoi leur nom résonne encore comme des maîtres dans le cœur des métalleux.
Produit par Jens Bogren (également producteur sur Phantom Antichrist et Gods of Violence), l’album sonne puissant et sans compromis : chaque instrument a ce son particulièrement acéré de Kreator, la production combinant une clarté moderne avec l’agressivité old-school qui a forgé l’aura du groupe.
La pochette, signée Zbigniew Bielak, pose ce ton sinistre et majestueux dès le premier regard, comme une promesse de chaos organisé.
Dès l’ouverture avec Seven Serpents, c’est une claque sonore : des riffs précis comme une mâchoire qui se referme, une batterie implacable et la voix de Mille Petrozza rugissant comme un prophète de guerre. Un signal clair que Kreator ne fait toujours pas dans la demi-mesure !
Aucune pause, Satanic Anarchy est un hymne thrash direct, un manifeste d’insurrection, une construction classique mais maitrisée sans aucun défaut.
Tandis que le titre éponyme, Krushers Of The World, cristallise toute l’énergie fédératrice de ce qu’un fan attend d’eux : un titre beaucoup plus lourd, un appel à une lutte sans fin et au headbang le poing levé. Un titre que j’imagine déjà parfait pour les live !
Mais ce n’est pas qu’une succession de bulldozers : Tränenpalast, avec la participation de Britta Görtz, injecte une dose de mystère gothique et d’atmosphère cinématographique dans le chaos thrash de l’album, rappelant que Kreator ne s’interdit jamais de nous faire des surprises.
Le disque s’enchaine avec Barbarian et Blood Of Our Blood, des sons furieux et implacables dans la plus pure tradition de Kreator.
Tandis que Combatants et Psychotic Imperator montrent un côté techniquement plus ambitieux, une cavalcade sans fin, à ce stade nos cervicales frôlent le claquage.
Retour dans un mood plus extrême avec Deathscream qui … Frôle avec le death, annonçant le sursaut final avant le dernier titre de l’album : Loyal To The Grave qui, à la façon du titre Krushers of The World, agit comme une accolade sincère aux fans : une fermeture d’album par une hymne qui combine émotion, force, et fédération des metalheads.
Une phrase de fin puissante pour un voyage intense.
Certains pourraient trouver que Krushers Of The World ne réinvente rien, mais est-ce ce qu’on attend d’un album de Kreator en 2026 ? Quand la formule est aussi bien exécutée, quand le groupe balance des morceaux qui frappent aussi fort qu’ils le feront certainement tout autant sur scène lors de leur tournée européenne avec Exodus, Carcass et Nail, l’essentiel est là : c’est brutal, c’est intelligent, et surtout, c’est vivant.

