Valley Of Death II, LIONHEART

Valley Of Death II, LIONHEART

9 janvier 2026 0 Par Chacha

 

Hardcore sans concession, retour dans la fosse

LIONHEART n’a jamais été un groupe de demi-mesure. Figure incontournable du hardcore californien moderne, la formation revient frapper là où ça fait mal avec Valley Of Death II, suite directe d’un album devenu culte pour toute une génération de fans de hardcore brutal et fédérateur. Plus qu’un simple clin d’œil au passé, ce nouvel opus se présente comme une déclaration de guerre : personnelle, collective et viscérale. LIONHEART livre ici un disque à la fois enraciné dans son ADN et affûté pour le chaos contemporain.

 

Retour aux sources, colère intacte

Pensé comme une continuité spirituelle plutôt qu’un recyclage nostalgique, Valley Of Death II s’inscrit dans une démarche claire : reprendre le fil là où LIONHEART l’avait laissé, tout en durcissant le propos. Musicalement, le groupe reste fidèle à son hardcore lourd, groovy et ultra-martial, mais affine ses compositions avec une production massive et moderne. Chaque riff sonne comme un coup de masse, chaque break est taillé pour le pit et la communion violente du live.

Les thèmes abordés restent profondément ancrés dans l’expérience humaine brute : survie, loyauté, trahison, pression sociale et résilience face à l’adversité. LIONHEART parle de la rue, des combats quotidiens, de la rage qui permet de tenir debout quand tout s’effondre. Un hardcore de terrain, sans métaphore inutile, qui préfère l’impact frontal à la poésie détournée.

Des hymnes taillés pour l’affrontement

Dès “Bulletproof”, le ton est donné : mid-tempo écrasant, refrain scandé, attitude invincible. Le morceau agit comme un manifeste, une armure sonore pour ceux qui avancent coûte que coûte. “Chewing Through The Leash”, avec la participation de Kublai Khan, accentue encore la violence : tempo agressif, paroles sur l’émancipation et la rupture des chaînes, collaboration logique entre deux entités partageant la même vision du hardcore comme arme.

“Ice Cold” et “No Peace” explorent un registre plus sombre, presque introspectif, sans jamais sacrifier la lourdeur. Le morceau-titre “Valley Of Death II” agit comme le cœur de l’album : une relecture plus mûre et plus lourde du concept original, évoquant les cicatrices laissées par les épreuves et la nécessité de les embrasser pour avancer. Plus loin, “Roll Call” et “Salt The Earth” rappellent l’importance du collectif, de l’héritage et de la fidélité, avec des refrains conçus pour être hurlés en chœur.

La douleur comme moteur

La fin de l’album marque un virage émotionnellement plus lourd. “In Love With The Pain” assume pleinement la relation ambiguë entre souffrance et identité, tandis que “Release The Dogs” relance la machine avec une énergie brute et incontrôlable. Enfin, “Death Grip”, en collaboration avec A Day To Remember, surprend par son équilibre entre agressivité hardcore et sens mélodique, prouvant que LIONHEART sait élargir son spectre sans diluer sa rage.

 

Avec Valley Of Death II, LIONHEART ne cherche ni à réinventer le hardcore ni à séduire un public extérieur. Le groupe livre un album honnête, massif et profondément ancré dans ses valeurs. Un disque pensé pour les fans, pour la scène, pour ceux qui vivent cette musique comme un exutoire et un cri de ralliement. Brutal, fédérateur et sans compromis, Valley Of Death II confirme que LIONHEART n’a rien perdu de sa hargne — et surtout pas l’envie de mener la charge.