The Intersphere + Royal Republic @ La Sirene, La Rochelle 08.03.2026

The Intersphere + Royal Republic @ La Sirene, La Rochelle 08.03.2026

8 mars 2026 0 Par Chacha

Il y a des concerts où l’on vient simplement écouter de la musique… et d’autres où l’on ressort avec un sourire idiot collé au visage pendant des heures. Ce dimanche 8 mars, la salle de La Sirène à La Rochelle faisait clairement partie de la seconde catégorie. Une affiche internationale avec les Allemands de The Intersphere en ouverture et les Suédois de Royal Republic en tête d’affiche promettait une soirée riche en décibels et en énergie. Entre rock alternatif exigeant et rock’n’roll survitaminé, le public rochelais – composé de plusieurs générations – s’est laissé porter par une soirée où la bonne humeur et la puissance musicale ont fini par transformer la salle en véritable chaudron.

 

The Intersphere – Une maîtrise technique indéniable

Le quatuor allemand The Intersphere, originaire de Mannheim, ouvre la soirée avec son mélange caractéristique de métal, pop et rock expérimental. Depuis cinq albums, le groupe s’est forgé une solide réputation avec une musique ambitieuse et mélodique aux structures souvent épiques et complexes, quelque part entre la sensibilité atmosphérique d’Oceansize et l’ampleur mélodique de Muse. Sur scène, Christoph Hessler (chant, guitare), Thomas Zipner (guitare), Daniel Weber (basse) et Moritz Müller (batterie) confirment immédiatement cette réputation : tout est millimétré, précis, impeccable.

Musicalement, difficile de prendre le groupe en défaut. Les arrangements sont riches, les transitions parfaitement exécutées et la voix d’Hessler se révèle aussi agréable que maîtrisée. Pourtant, malgré cette indéniable qualité technique, la connexion émotionnelle reste plus difficile à établir. Le set semble parfois manquer de dynamique, comme si cette musique très construite appelait davantage à une écoute introspective, presque contemplative. On imagine volontiers se laisser emporter par ces compositions en fermant les yeux, plongé dans un casque plutôt que dans une fosse. Si l’ensemble reste impressionnant de maîtrise, l’effet sur le public – du moins de mon côté – demeure un peu plus distant. Une ouverture solide et professionnelle, mais qui ne déclenche pas encore l’explosion d’enthousiasme que la suite de la soirée allait provoquer.

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Royal Republic – La machine à plaisir rock

Puis arrive le moment tant attendu : Royal Republic débarque sur scène et, en quelques secondes à peine, la température de la salle grimpe de plusieurs degrés. Le plus sexy des quatuors suédois vient arroser La Sirène de son rock explosif, mélange irrésistible de pop, punk et grooves rétro délicieusement teintés d’ambiances 80’s. Perfectos noirs, attitude rock’n’roll et énergie débordante : la fête peut commencer.

Adam Grahn fait son entrée sans son célèbre acolyte pileux – la fameuse moustache semble avoir disparu (RIP petits poils partis trop tôt) – mais ses cordes vocales, elles, sont bel et bien présentes et en pleine forme. Dès les premiers titres, My House, LoveCop ou Getting Along, la mécanique Royal Republic se met en marche : riffs efficaces, refrains fédérateurs et un groove qui donne immédiatement envie de bouger.

La suite du set confirme ce sentiment de fête permanente. Baby, Boots et Stop Movin’ maintiennent la cadence tandis que Back from the Dead et Full Steam Spacemachine déchaînent littéralement la fosse. Sur scène, Adam Grahn (chant, guitare), Jonas Almén (basse, chant), Hannes Irengård (guitare, chant) et Per Andreasson (batterie) affichent une complicité et un charisme incroyables. Chacun attire l’attention, chacun sourit, chacun joue avec le public. Impossible de savoir où poser les yeux tant l’énergie collective est communicative.

Moment plus inattendu au milieu du concert : une version acoustique de Boomerang, qui offre un instant de respiration avant de replonger dans l’excitation générale avec deux reprises parfaitement calibrées : Stayin’ Alive des Bee Gees et Venus de Shocking Blue. Royal Republic prouve une fois de plus son talent pour transformer n’importe quel classique en machine à danser.

Mais l’un des moments les plus mémorables survient lorsque Adam quitte la scène pour se frayer un chemin au milieu de la fosse afin d’interpréter Ain’t Got Time entouré du public. L’ambiance devient instantanément électrique : proximité totale, public en délire, et un frontman qui semble prendre un plaisir immense à partager ce moment.

Le concert repart ensuite de plus belle avec Fireman & Dancer, avant l’arrivée de Tommy-Gun, titre iconique du groupe qui déclenche une véritable explosion collective. À ce stade, la salle est bouillante et Adam semble littéralement se transformer en cascade vivante : il a probablement perdu l’équivalent des chutes du Niagara en sueur. On se demande d’ailleurs pourquoi il a attendu aussi longtemps avant de faire tomber le débardeur…

Après un court passage en coulisses, le groupe revient pour un rappel qui va achever de conquérir tout le monde. Lazerlove, seule véritable balade de la soirée, apporte un moment suspendu. Son refrain entêtant fait chanter toute la salle et procure de véritables frissons. Puis changement radical d’ambiance avec Battery de Metallica : Adam et Jonas la jouent à fond, révélant leur ADN de métalleux pur jus. Un moment 100 % badass.

Et pour finir en apothéose, quoi de mieux que RATA-TATA ? Une conclusion explosive, festive et parfaitement à l’image du groupe.

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Au-delà de la performance musicale, ce concert restera surtout comme une grande célébration du rock. Dans la salle, enfants, parents et même parents des parents se retrouvaient côte à côte, chantant et dansant ensemble. Une preuve supplémentaire que le rock reste un langage universel capable de rassembler toutes les générations.

Royal Republic l’a encore démontré ce soir : avec leur humour, leur énergie débordante et leurs chansons terriblement efficaces, ils transforment chaque concert en gigantesque antidépresseur collectif. Et franchement, dans un monde parfois un peu gris, on en redemande.