Poisoned Art, SPACE OF VARIATIONS
13 février 2026 0 Par Chacha
Quand l’art devient une arme
Avec Poisoned Art, SPACE OF VARIATIONS signe un disque frontal, viscéral, qui refuse toute neutralité. L’album ne cherche pas à séduire : il confronte. À travers une fusion moderne de metalcore, de djent et d’électronique sombre, le groupe ukrainien transforme la colère, l’aliénation et les fractures intimes en matière artistique brute. Un album dense, exigeant, mais profondément humain.
Une genèse sous tension
Né dans un contexte marqué par l’instabilité sociale et une urgence créative palpable, Poisoned Art s’inscrit comme un exutoire autant qu’un manifeste. SPACE OF VARIATIONS y canalise une rage lucide, façonnée par un monde fragmenté où l’identité se dissout sous la pression des normes, des faux-semblants et de la surinformation. La production, massive mais chirurgicale, sert une vision claire : chaque morceau est pensé comme une pièce d’un puzzle émotionnel plus large, où la violence sonore reflète une violence intérieure.
Identités fracturées et réalités parallèles
Thématiquement, l’album explore la perte de repères, la dualité de l’être et la difficulté de rester authentique dans un environnement toxique. Des titres comme “Parallel Realities” et “Doppelgänger” interrogent le dédoublement de soi, cette frontière floue entre ce que l’on est et ce que l’on projette. “Godlike” et “Lies” s’attaquent quant à eux aux illusions de toute-puissance et aux mensonges — personnels comme systémiques — qui gangrènent les relations humaines. L’écriture, directe sans être simpliste, alterne entre introspection douloureuse et critique sociale acerbe.
Titres phares : impacts sonores et blessures ouvertes
Dès “Tribe”, l’album impose son ADN : riffs syncopés, breaks écrasants et refrains fédérateurs, presque rituels. “Halo” joue sur le contraste entre mélodie aérienne et agressivité contrôlée, tandis que “Mayday” agit comme un véritable appel à l’aide, porté par une tension permanente. “Ghost Town” et “Coldheaven” ralentissent le tempo pour installer une atmosphère glaciale, presque post-apocalyptique, où l’isolement devient central. En clôture, “Echo” résonne comme un épilogue hanté, laissant l’auditeur face aux débris émotionnels accumulés tout au long du disque.
Un album qui marque, durablement
Poisoned Art n’est pas un album confortable, et c’est précisément ce qui fait sa force. SPACE OF VARIATIONS y affirme une identité artistique solide, capable de conjuguer brutalité moderne et profondeur émotionnelle. Un disque qui ne se contente pas d’être écouté, mais qui se vit, se digère, et laisse une trace persistante. Une œuvre sincère, abrasive, et résolument nécessaire dans le paysage metal actuel.


