Parasites & Butterflies, NOVA TWINS
29 août 2025 0 Par Chacha
Avec Parasites & Butterflies, les Nova Twins franchissent un nouveau cap. Le duo londonien signe un disque intense et contrasté, où riffs abrasifs, pulsations électro et envolées pop se mêlent à des textes vulnérables et revendicatifs. Entre chaos et beauté, rage et lumière, Amy Love et Georgia South confirment qu’elles repoussent une fois encore les frontières du rock contemporain.
Ambiance visuelle
L’imagerie de l’album traduit parfaitement son titre : un monde partagé entre le sombre et le lumineux, entre les « parasites » destructeurs et les « papillons » porteurs de métamorphose. Le visuel joue sur des contrastes forts – couleurs saturées, textures organiques et futuristes – qui évoquent à la fois la laideur crue et la beauté fragile. Cette esthétique hybride prolonge la démarche du duo : refuser d’être enfermé dans une seule case, que ce soit visuellement, culturellement ou musicalement.
Thèmes majeurs et émotion brute
L’album explore des territoires intimes et sociaux :
La dualité intérieure (Monsters, Parallel Universe) entre confiance et peur de soi.
L’affirmation et l’empowerment (Soprano célèbre la puissance féminine, Piranha défend l’instinct de survie face à un monde hostile).
La fragilité derrière la force : les Nova Twins ne masquent pas leurs doutes mais les transforment en force créative.
Les contradictions du succès et de l’identité : comment naviguer dans un milieu qui isole tout en surexposant.
Ces thèmes résonnent avec leur propre parcours, en tant que femmes noires dans un univers rock encore largement dominé par des normes blanches et masculines.
Une production ambitieuse et collaborative
Enregistré avec Rich Costey (Muse, Foo Fighters), l’album bénéficie d’une production plus ample et ambitieuse que leurs précédents projets. Les basses de Georgia South prennent un relief monumental, saturées mais précises, tandis que la guitare d’Amy Love se fond tantôt dans le bruit métallique, tantôt dans des textures plus aériennes. Les ajouts d’Ilan Rubin (percussions) et l’intégration de voix extérieures comme Mahsa Vahdat enrichissent la palette sonore.
L’ensemble conserve la crudité punk/nu-metal des débuts, mais s’ouvre à des refrains plus pop et à une dimension presque cinématographique.
Performance vocale et rage maîtrisée
Amy Love démontre une incroyable polyvalence vocale : du growl nu-metal au chant clair lyrique (particulièrement sur Soprano), elle incarne toute la tension de l’album entre brutalité et délicatesse.
Georgia South signe une performance de bassiste hors norme : ligne après ligne, elle prouve qu’une basse peut devenir instrument lead, façonnant à elle seule l’identité sonore du duo.
Ensemble, elles créent un groove viscéral, un mur sonore qui reste pourtant dansant, avec une énergie qui semble pensée pour la scène.
Pour conclure
En définitive, Parasites & Butterflies impose les Nova Twins comme l’un des groupes les plus audacieux de leur génération. En assumant pleinement leurs contradictions — entre rage frontale et fragilité désarmée, entre riffs incendiaires et mélodies lumineuses — Amy Love et Georgia South livrent un manifeste sonore à la fois intime et universel. Plus qu’un simple album, c’est une affirmation de puissance et de résilience, qui confirme que le futur du rock passera par elles.