Inquisition, BURNING WITCHES

Inquisition, BURNING WITCHES

22 août 2025 0 Par Chacha

 

Lorsque Burning Witches déroule le drapeau de Inquisition, c’est une invitation à plonger dans les abysses du heavy/power metal le plus pur et incendiaire. Cet album marque une nouvelle ère pour le quintette suisse, rallumant la flamme des sorcières avec un souffle plus sombre, plus puissant.

 

Un visuel évocateur et immersif

Dès le premier regard sur la pochette, on comprend que Burning Witches n’a rien laissé au hasard. Réalisée par Gyula Havancsák (Magicfingers), l’artwork est une plongée dans les ténèbres médiévales : bûchers ardents, croix inquisitoriales et figures enchaînées, le tout baigné dans un rouge sanglant. L’image résume à elle seule l’album : la confrontation entre l’oppression religieuse et la fureur libératrice des sorcières.
Ce choix graphique n’est pas anecdotique : il amplifie le propos de l’album et inscrit Burning Witches dans une continuité visuelle qui fait de chaque sortie une véritable expérience immersive.

Les thèmes : entre persécution et résistance

Inquisition explore des thématiques d’une grande cohérence :

L’histoire sombre des chasses aux sorcières et des procès inquisitoriaux, symboles d’intolérance et de fanatisme.

La rébellion face à l’ordre établi, incarnée par des hymnes guerriers et mystiques.

La dualité entre ombre et lumière : l’album alterne entre puissance écrasante et moments d’introspection, comme pour refléter la souffrance et la résilience.

Les titres eux-mêmes sont parlants : “Soul Eater” évoque la dévoration spirituelle, “High Priestess of the Night” glorifie une figure occulte et souveraine, tandis que “Release Me” joue la carte de l’émotion gothique, presque une supplique au cœur des flammes.

Un heavy metal incandescent et maîtrisé

Musicalement, Inquisition est l’album le plus abouti du groupe à ce jour. On y retrouve :

Des riffs acérés qui puisent dans l’héritage de Judas Priest et Iron Maiden, avec cette touche thrash qui rapproche parfois des ténèbres de Slayer.

Une section rythmique solide : batterie martiale, double grosse caisse implacable, basse qui vrombit en soubassement.

Des guitares jumelles aux harmonies flamboyantes, alternant entre mélodies héroïques et attaques tranchantes.

Un chant incandescent : Laura Guldemond incarne la dramaturgie des morceaux, oscillant entre cris perçants, lignes mélodiques grandiloquentes et une intensité qui sert parfaitement les thèmes de l’album.

La production signée Damir Eskic et V.O. Pulver met en valeur la clarté et la puissance, sans sacrifier la rugosité du son : tout est tranchant, incandescent, mais équilibré.

L’impact d’Inquisition

Avec Inquisition, Burning Witches franchit un nouveau cap : celui du groupe qui ne se contente plus d’être un hommage au heavy classique, mais qui s’impose comme une référence contemporaine.

Un souffle neuf dans le heavy traditionnel

À une époque où le heavy metal dit “traditionnel” pourrait sembler cantonné à la nostalgie, Inquisition démontre que ce style peut encore brûler d’actualité. Les Suissesses parviennent à marier la flamboyance des années 80 avec une production moderne, créant un pont entre héritage et innovation.
Cela les place dans la lignée des nouveaux porte-étendards du New Wave of Traditional Heavy Metal (NWOTHM), mais avec un supplément d’âme : une identité visuelle et thématique forte, centrée sur la sorcellerie, la persécution et la résilience.

Une présence féminine affirmée et inspirante

Dans un genre souvent dominé par des formations masculines, Burning Witches s’impose comme un modèle de puissance et de légitimité. Loin d’être un “gimmick”, leur statut de groupe 100 % féminin devient une force : elles démontrent que la scène heavy n’a pas de frontières de genre et qu’elle peut être bousculée par des artistes qui en embrassent pleinement les codes, tout en leur donnant une énergie nouvelle.

Un concept qui résonne avec l’époque

Le choix du thème de l’inquisition n’est pas qu’un clin d’œil historique : il résonne avec des problématiques contemporaines d’intolérance, de fanatisme et de résistance. Cela donne à l’album une dimension universelle et intemporelle. Là où beaucoup de groupes s’en tiennent au folklore fantasy ou guerrier, Burning Witches insuffle une profondeur qui alimente leur singularité dans le paysage actuel.

 

Conclusion

Avec Inquisition, Burning Witches livre un disque où le fond (les thèmes) et la forme (le son et le visuel) s’entrelacent parfaitement.
On a à la fois un concept fort, une identité visuelle marquée, et un heavy metal moderne qui rend hommage aux racines tout en affirmant une singularité.

C’est un album qui ne se contente pas d’aligner des morceaux : c’est une expérience immersive, une descente au cœur de l’histoire et du feu, où chaque note et chaque image brûlent de la même intensité.