Through Shadows, BORN OF OSIRIS
11 juillet 2025 0 Par Chacha
Après quatre années de silence depuis Angel or Alien (2021), Born of Osiris fait un retour ambitieux avec Through Shadows, sorti le 11 juillet 2025 via Sumerian Records.
et album marque une transition majeure dans la vie du groupe : c’est le premier sans Joe Buras, claviériste et choriste historique, bien qu’il ait contribué à trois singles. C’est également le dernier avec Lee McKinney, guitariste emblématique.
C’est dans ce tumulte émotionnel et ces changements internes que le disque puise sa force. Comme le suggère le batteur Cameron Losch, Through Shadows est un “phare d’espoir face à la perte et aux difficultés quotidiennes”
L’aspect visuel : une plongée mystique
La pochette de Through Shadows frappe d’abord par son ambiance quasi ésotérique : un personnage éthéré, perdu entre lumière et ténèbres, émerge dans un décor brumeux. On y retrouve les codes visuels chers à Born of Osiris — mélange d’imagerie mystique, de symbolisme cosmique et de clair-obscur — qui traduisent bien le propos du disque : cheminer dans l’obscurité à la recherche d’une lueur salvatrice.
Cette esthétique cyber-gothique, presque cinématographique, prolonge le fil visuel tracé depuis The Discovery mais le charge d’une dimension plus introspective. C’est un art pensé comme expérience sensorielle globale, où la musique et l’image se répondent.
L’impact de leur musique : intensité et catharsis
Born of Osiris a toujours eu ce don particulier : combiner la violence brute du deathcore avec des éléments prog et électro. Sur Through Shadows, l’impact est double :
Physique : les riffs tranchants, les breakdowns lourds et les blasts font naître une énergie brute, presque tribale. Les morceaux comme The War That You Are ou Torchbearer sont des catalyseurs de rage et de mouvement.
Émotionnel : l’album joue énormément sur le contraste. Quand une tempête de growls et de riffs vient saturer l’espace, une nappe de claviers, un chant clair ou une guitare lead mélodique surgissent pour offrir une respiration. Cet aller-retour constant entre obscurité et clarté donne à l’écoute un côté cathartique, qui dépasse le simple cadre du metalcore technique.
On ressent dans cet album la marque du deuil et de la transition : chaque morceau est comme un exutoire où la brutalité côtoie une vulnérabilité assumée.
Les choix artistiques : audace et équilibre
Trois éléments définissent l’orientation artistique de Through Shadows :
La fusion des genres : Born of Osiris ne se contente pas d’un deathcore “classique”. Ici, on retrouve des touches de synthwave, de cinématique orchestrale, de metal progressif, et même un solo de saxophone (Activated). C’est une affirmation de leur identité : briser les frontières et surprendre sans perdre leur ADN.
L’alternance tension/détente : l’album est structuré comme un voyage émotionnel. Les moments d’apaisement (Burning Light, Blackwater) ne sont pas des pauses gratuites : ils servent à amplifier l’impact des tempêtes à venir. Ce schéma narratif rend l’écoute fluide, presque filmique.
Le travail du contraste sonore : la production met en avant la limpidité des arrangements. Chaque instrument trouve sa place, et même dans les passages les plus saturés, l’auditeur distingue la richesse des couches sonores — guitare lead, synthés futuristes, groove de basse, batterie millimétrée.
L’aspect musical : maîtrise technique et ouverture émotionnelle
Musicalement, Through Shadows est un équilibre parfait entre technicité et accessibilité :
Les riffs hérités du deathcore et du djent restent présents, mais ils s’ouvrent à des textures plus mélodiques et progressives.
Le chant clair, plus présent et assumé, confère une dimension hymnique et fédératrice, là où auparavant la brutalité dominait.
L’album joue avec une cinématographie sonore : des nappes électroniques et orchestrales qui donnent l’impression d’une B.O. de film futuriste.
C’est ce mélange de virtuosité, de lourdeur et de fragilité qui fait de Through Shadows une œuvre forte : un album de metal extrême qui ne se limite pas à la violence, mais qui cherche à émouvoir, à surprendre et à transcender.
Pour conclure: Un pont entre passé, présent et avenir
Through Shadows n’invente pas Born of Osiris, mais il réinvente leur efficacité. L’album s’impose comme un point d’équilibre entre brutalité et émotion, entre technicité et mélodie, entre lumière et obscurité. Il incarne la résilience d’un groupe qui, malgré les pertes et les changements, continue de porter sa vision avec une clarté et une ambition renouvelées.
Un chef-d’œuvre prog-metalcore qui confirme leur statut de pionniers, tout en ouvrant la voie vers demain — où qu’ils décident d’aller ensuite.