Motionblur, SPLIT CHAIN
11 juillet 2025 0 Par Chacha
Avec motionblur, Split Chain signe un premier album à la fois abrasif et éthéré, véritable photographie du tumulte adolescent. Entre rage contenue et fragilité assumée, le groupe mêle les lourdeurs du nu-metal, les brumes du shoegaze et l’intensité emo pour livrer un récit intime sur l’identité, la confusion et la douleur de grandir. Un disque cathartique, où chaque éclat de colère se dissout dans un flou rêveur.
Les thèmes de Motionblur
Dès son titre (Motionblur = « flou de mouvement »), l’album annonce son intention : capturer la confusion de l’adolescence et du passage à l’âge adulte. On retrouve des thématiques universelles mais traitées avec une sincérité brute :
Identité & syndrome de l’imposteur → le morceau who am i? est une véritable confrontation avec ce sentiment de ne jamais être “assez”.
Santé mentale, lassitude et isolement → bored. tired. torn. traduit l’apathie, la fatigue nerveuse, tout en conservant une beauté rêveuse.
La peur de l’échec et de l’abandon → I’m Not Dying To Be Here évoque une existence qui pèse lourd, mais transformée en cri cathartique.
Toxicité et rage contenue → SPIT ou Subside explosent en riffs abrasifs qui traduisent la colère qu’on garde trop longtemps.
Fragilité et espoir → le final my mistake… ralentit le tempo, offrant une conclusion mélancolique, presque résignée mais lumineuse.
En somme, motionblur est à la fois une confession intime et un rite de passage, où chaque piste raconte un éclat de doute, de colère ou de libération.
Les influences de Split Chain
Split Chain n’hésite pas à mélanger les codes de plusieurs scènes pour forger un son hybride. On pourrait le qualifier de nu-gaze (croisement entre nu-metal et shoegaze), mais l’album va plus loin :
Nu-metal & alt-metal : Korn, Deftones → lourdeur des riffs, groove tendu, voix qui basculent du murmure au cri.
Shoegaze & dream pop : My Bloody Valentine, Nothing → nappes aériennes, guitares réverbérées, sentiment d’immersion vaporeuse.
Post-hardcore & emo : Hawthorne Heights, Superheaven → intensité émotionnelle, textes vulnérables, urgence dans l’exécution.
Grunge & alt-rock des 90s : Alice in Chains, Smashing Pumpkins → tonalité sombre, riffs directs, mélancolie persistante.
Mais la force du groupe est de ne jamais sonner comme une copie. Ils reprennent des textures familières pour les transformer en un paysage personnel : un équilibre entre rage et onirisme, entre brutalité organique et fragilité assumée.
En résumé
Motionblur est une radiographie émotionnelle portée par des influences multiples. Là où certains groupes se contentent de recycler le passé, Split Chain digère ses inspirations pour livrer un récit sincère et générationnel.
C’est un album où les cicatrices adolescentes deviennent matière sonore, et où le flou de l’identité se transforme en une esthétique radicale : brute, éthérée et profondément humaine.