End Of Time, TSS

End Of Time, TSS

27 juin 2025 0 Par Chacha

 

Avec End Of Time, le trio français TSS franchit un cap décisif dans son parcours. Signés chez Fearless Records, les anciens The Sunday Sadness livrent un disque dense et audacieux, où les genres se télescopent sans jamais se diluer. Entre riffs metalcore écrasants, éclats électro futuristes et refrains capables de briser les cœurs autant que les murs, TSS propose une œuvre à la fois sombre, cathartique et profondément actuelle. Plus qu’un simple album, End Of Time s’impose comme une véritable déclaration d’intentions, un cri venu d’un futur incertain mais intensément humain.

 

Une esthétique cyber-gothique au service du récit

L’histoire visuelle de End Of Time s’inscrit dans une esthétique cyber-gothique et futuriste, où chaque clip et visuel de TSS traduit l’idée d’une fin du monde intime autant que collective. Les couleurs froides (bleus électriques, néons violets, contrastes sombres) plongent l’auditeur dans une ambiance post-apocalyptique et digitale, évoquant une humanité en lutte contre ses propres démons. Les silhouettes fragmentées, les décors urbains nocturnes et les jeux de lumière artificielle illustrent l’isolement, la perte de repères et la recherche de réconfort dans un monde saturé de technologie. Cette imagerie cohérente renforce le propos de l’album : montrer que même dans un univers en ruines, il reste une quête de lumière et de vérité intérieure.

Aux frontières du chaos et de l’émotion

Pour concevoir End Of Time, TSS s’est nourri d’un large spectre d’influences, allant du metalcore le plus viscéral aux sonorités gothiques et darkwave, en passant par des touches de synthwave, phonk et néo-metal. Le trio revendique un goût pour les contrastes : l’énergie brute de Bring Me The Horizon ou Bad Omens, la mélancolie pop de The Neighbourhood, et même certaines atmosphères électroniques héritées de la scène cyberpunk. Cette hybridation n’a rien d’un patchwork gratuit : elle traduit la volonté du groupe de brouiller les frontières entre violence et douceur, lumière et obscurité, et de proposer un univers sonore cinématographique où chaque morceau devient une scène à part entière.

Le processus d’écriture de l’album s’est voulu à la fois instinctif et réfléchi. Les textes, souvent nés de fragments personnels et d’expériences douloureuses, ont été travaillés comme des confessions mises en musique, oscillant entre anglais et français pour mieux jouer sur les nuances émotionnelles. Côté composition, TSS a alterné entre sessions collectives en studio et travail solitaire sur ordinateur, laissant autant de place aux riffs rageurs qu’aux ambiances synthétiques enveloppantes. Résultat : un disque qui se lit comme une suite dramatique, où chaque chanson incarne une fin possible — celle d’une relation, d’une certitude, ou même d’une vie — et qui témoigne d’une écriture viscérale, en équilibre permanent entre chaos sonore et quête de sens.

Les éclats brûlants de End Of Time

Dans End Of Time, TSS sculpte un voyage sonore marqué par des temps forts qui révèlent toute l’ampleur de leur identité hybride. L’intro éponyme installe une tension cinématographique avant l’explosion de Notes In The Dark, hymne metalcore aux refrains immédiats. Plus loin, KILLING ME et Fantasize enflamment l’album avec leur mélange abrasif de guitares lourdes et de textures électro sombres, tandis que DEAD! (avec CVLTE) pousse la fusion encore plus loin dans une esthétique cyberpunk. À l’opposé, des respirations comme In The Haze We Hide ou So Long My Friend dévoilent la fragilité mélodique du trio, contrastant avec la noirceur abyssale de Ending Scene, sommet émotionnel du disque. Ces contrastes font de End Of Time une œuvre vivante, à la fois violente et introspective, qui frappe autant par sa puissance brute que par ses instants de délicatesse.

 

Verdict : audacieux, brut, vital

End Of Time est un album audacieusement hybride, à la production impeccable et à l’identité visuelle forte. Ce n’est pas une écoute de confort : c’est une descente dans un univers où chaque nuance porte une émotion brute. TSS repousse les codes du metal moderne avec une sincérité rare, quelque part entre offensive artistique et catharsis.

Un disque à découvrir intensément, pour les amateurs de musique qui défie l’étiquette et touche au cœur.